Ekstemporaltekster der blev brugt til årsprøven (12 stk)

 

 

1.   Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

Ma mère a six frères et sœurs, mon père cinq. Quand j'étais petite, c'était un plaisir de découvrir cette famille qui nous chérissait tellement. Leur vie me paraissait très gaie. On assistait à des fêtes, à des mariages. Et pour moi, c'était toujours très réconfortant de voir mes parents retrouver les leurs.

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Beaucoup de filles rêvent d'aller vivre là-bas, en Algérie, parce qu'elles y ont passé des vacances, que tout allait bien, qu'il faisait beau. Elles en ont marre du racisme, du chômage, de la France... Mais la vie estivale n'a rien à voir avec la vie quotidienne. Absolument rien.

 

 

en avoir marre de være dødtræt af

 

 

 


2. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

 

J'ai fait une première tentative de fugue à dix-sept ans, au mois de juillet. Je venais de passer, avec succès, mon bac de français. Je voulais partir et revenir ensuite, pour provoquer quelque chose, faire réagir mes parents.

J'ai fait comme si je partais définitivement. J’ai pris toutes mes affaires et je suis partie avec mes sacs, une journée entière. Une seule journée.

Tout était calculé depuis plusieurs mois. Mes affaires étaient prêtes dans l'armoire, pour que je puisse faire mes sacs très vite sans faire de bruit.

 

 

 

fugue f     flugt (hjemmefra)

 

 

 


3. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om et forsøg på at stikke af  hjemmefra.

 

 

Je n'avais qu'une crainte, c'était de réveiller toute la maison.

Je n'ai pas fermé l’œil de la nuit, de peur qu'on me surprenne. Et puis je suis partie à l'aube,         sans qu'on m'entende, et j'ai pris le premier bus en direction du centre‑ville, pour qu'aucun voisin ne m'aperçoive.

            J'avais préparé mon coup avec une amie du lycée qui devait m'accueillir chez elle. Mais elle m'a laissée tomber au dernier moment et elle n'est pas venue au rendez‑vous que nous nous étions fixé.

 

 

 


4. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om et forsøg på at stikke af  hjemmefra.

 

 

 

J'ai fini par téléphoner d'un café à mon amie Irène. Chez moi, personne ne la connaissait.

J'ai passé la journée chez elle. Et mes parents ont téléphoné... La seule chose que j'avais oubliée en partant, c'était mon agenda! Alors ils ont fait le tour de mes amis.

Les parents d'Irène étaient d'accord pour répondre qu'ils ne m'avaient pas vue, mais mon père a eu un doute et il est venu voir. Je l'ai entendu arriver et je me suis cachée. Ils ont continué à faire comme si je n'étais pas là, tout en essayant de rassurer mon père et de discuter avec lui pour savoir pourquoi j'étais partie.                                                                                        

       

 

 

 

 


5. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

 

Ma meilleure amie était une Française, Irène. On était très proches, je lui confiais absolument tout. Elle habitait tout près du collège et j'allais souvent déjeuner chez elle.

J'avais trafiqué mon emploi du temps et le soir, je trichais d'une heure avec mes parents, pour pouvoir rester un peu plus longtemps avec elle. Mais il était inutile de chercher à se voir en dehors de ces moments‑là...

Avec les autres filles maghrébines de ma classe, j'avais des rapports plutôt distants. Je ne les voyais qu'à l'école. Je discutais un peu avec certaines.

 

 

 

trafiquer    fuske med

maghrébin    nordafrikansk

 

 

 


6. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

 

J’ai beaucoup souffert de ne pas avoir pu lire quand j'étais plus jeune. Comme j'étais une fille et l'aînée de la famille, j'étais destinée à rester à la maison pour y tenir mon rôle: m'occuper de mes sœurs, de mon frère, du ménage, de la cuisine. Je voyais ma mère fatiguée et j'essayais de la soulager comme je pouvais. Mes parents ont voulu faire de moi une adulte très jeune. Ils ne savaient ni lire ni écrire, et c'était moi qui remplissais les feuilles d'impôts et les papiers de la Sécurité sociale, moi qui signais mes propres carnets de notes ou ceux de mes frères et sœurs.

 

 

 

Sécurité sociale f   sygesikring

 

 

             


7. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

 

J'avais une chambre à moi, mais elle ouvrait sur celle de mes sœurs. Au début, mon frère dormait avec la plus petite de mes sœurs. Quand elle a grandi, il a eu sa propre chambre. Il a été le seul à avoir ce privilège.

Je n'ai jamais eu aucune intimité. Je n'ai jamais rien eu de très personnel. Vers treize ans, comme toutes les filles de cet âge, J'ai eu envie d'écrire un journal intime. Mais j'avais trop peur que mes parents le trouvent. [...] Alors, j'ai commencé à dessiner... Pour les lettres, c'était la même chose. Je demandais à mes amis de ne surtout jamais m'écrire.

 

 

 

 


8. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

L'appartement était simple et sobre, Pour ma mère, le seul vrai luxe, c'était l'hygiène. Elle se fichait de ne pas pouvoir s'acheter tout ce qu'elle aurait aimé. Pour elle, ce qui importait, c'était qu'on soit en bonne santé et qu'on vive proprement. Cela devenait presque obsessionnel, maladif. Elle lavait par terre trois fois par jour dans la pièce principale où on se tenait en permanence. C'était là qu'on faisait nos devoirs, qu'on dînait, qu'on discutait, qu'on regardait la télé.

 

 

se ficher de              være ligeglad med

 

 

 


9. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sin opvækst.

 

 

 

Ma mère lavait par terre trois fois par jour dans la pièce principale où on se tenait en permanence. C'était là qu'on faisait nos devoirs, qu'on dînait, qu'on discutait, qu'on regardait la télé.                 

La télé, on n'avait pas le droit de la regarder beaucoup, ni de tout regarder. Mon père nous surveillait de près. Un simple baiser et il fallait tout de suite éteindre.

Comme dans toutes les familles méditerranéennes, il y avait toujours trop de bruit. La télé­vision est allumée, les autres parlent fort. On remonte le son de la télévision, ils parlent encore plus fort. C'est le souvenir que je garde, un bruit incroyable         

 

 

 


10. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sine forældre.

 

 

 

Mes parents sont nés tous les deux en Algérie, en Kabylie exactement. Mon père, comme mon grand‑père, est arrivé en France assez jeune, pour travailler et envoyer de l'argent à sa famille. A l'époque, l'Algérie était française et la France avait besoin de main-d’œuvre bon marché. Une trajectoire classique, celle de beaucoup d'immigrés.

Je n'ai jamais vraiment su comment mes parents s'étaient rencontrés. Enfin, rencontrés… Disons que mon père est rentré se marier en Algérie. Il est allé demander la main de ma mère à ses parents, et, elle, on ne lui a pas demandé son avis.

 

 

main‑d'oeuvre f       arbejdskraft

trajectoire f       livsforløb

 

 

 


11. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sine forældre.

 

 

 

Je n'ai jamais vraiment su comment mes parents s'étaient rencontrés. Enfin, rencontrés… Disons que mon père est rentré se marier en Algérie. Il est allé demander la main de ma mère à ses parents, et, elle, on ne lui a pas demandé son avis. Elle n'avait pas envie de se marier. Elle me l'a répété plusieurs fois. Avec elle, je discute souvent du passé, beaucoup plus facilement qu'avec mon père.

Au moment où il est venu la demander, elle commençait à faire une dépression nerveuse.    Ses frères l'avaient enfermée à la maison dès l'âge de dix ans. Les médecins lui conseillaient d'aller vivre en France.

 

 

 


12. Fortælleren, Aïcha, er født og opvokset i Frankrig hos algeriske forældre. Her fortæller hun om sine forældre.

 

 

 

Mes oncles maternels sont tous allés à l'école, et certains jusqu'au bac. Les filles, évidemment, arrêtaient vers dix ans pour rester à la maison et se consacrer aux tâches ménagères.

Ma mère en a beaucoup souffert et elle ne l'a jamais accepté. Mon père est arrivé au bon moment, en lui proposant de partir. Ils se sont mariés en 1959 ou 1960, je ne sais même pas où. Elle m'a juste montré ses escarpins blancs et ses gants, qu'elle a conservés.

Ç'a été un mariage très rapide, presque précipité. Ils sont partis en France tout de suite

après.

 

 

 

escarpin m      balsko 

 

 

 

 


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